
Film d'animation de Luc Besson (France, 2006). Scénario : L. Besson, Céline Garcia, Patrice Garcia. 105 mn. Inédit. VM. Avec Freddie Highmore et Mia Farrow (et, en VF, les voix de Mylène Farmer et Alain Bashung).
Genre : l'enfance est l'avenir de l'homme.
C'est donc avec un film pour enfants que Besson prétend faire ses adieux à la réalisation (il a répété qu'il s'arrêterait au dixième film). Dans une campagne américaine des années 60 qui fleure bon l'apple pie, un garçonnet veut sauver sa mamie de l'expropriation (Mia Farrow, tellement éthérée qu'elle imprime à peine la pellicule). En quête d'un trésor, il pénètre dans un monde peuplé de lutins plus combatifs et sages que les humains... Habitude bessonienne, le scénario d'Arthur et les Minimoys est lilliputien. Mais, avec sa multitude de minicréatures, le cinéaste opère un syncrétisme d'heroic fantasy à large spectre, allant de Dark Crystal à Star Wars, du Seigneur des anneaux aux BD de Loisel. Et Selenia, la princesse techno punk qu'il attache à son héros, est une séduisante synthèse en 3D de son éternel féminin.
Avec ce film plus personnel qu'il n'y paraît, Besson n'a plus besoin de se cacher derrière les fusillades, les cités futuristes ou dans les profondeurs marines pour dire sa peur de l'âge adulte. Pour cultiver sa part d'enfance, il va juste au bout du jardin et le fait devant un public « de son âge ». On peut trouver le testament riquiqui, mais on peut aussi y voir la clôture logique d'une carrière de grand gosse resté naïf, même bourré d'argent de poche.
Guillemette Odicino
Télérama, Samedi 12 avril 2008
Genre : l'enfance est l'avenir de l'homme.
C'est donc avec un film pour enfants que Besson prétend faire ses adieux à la réalisation (il a répété qu'il s'arrêterait au dixième film). Dans une campagne américaine des années 60 qui fleure bon l'apple pie, un garçonnet veut sauver sa mamie de l'expropriation (Mia Farrow, tellement éthérée qu'elle imprime à peine la pellicule). En quête d'un trésor, il pénètre dans un monde peuplé de lutins plus combatifs et sages que les humains... Habitude bessonienne, le scénario d'Arthur et les Minimoys est lilliputien. Mais, avec sa multitude de minicréatures, le cinéaste opère un syncrétisme d'heroic fantasy à large spectre, allant de Dark Crystal à Star Wars, du Seigneur des anneaux aux BD de Loisel. Et Selenia, la princesse techno punk qu'il attache à son héros, est une séduisante synthèse en 3D de son éternel féminin.
Avec ce film plus personnel qu'il n'y paraît, Besson n'a plus besoin de se cacher derrière les fusillades, les cités futuristes ou dans les profondeurs marines pour dire sa peur de l'âge adulte. Pour cultiver sa part d'enfance, il va juste au bout du jardin et le fait devant un public « de son âge ». On peut trouver le testament riquiqui, mais on peut aussi y voir la clôture logique d'une carrière de grand gosse resté naïf, même bourré d'argent de poche.
Guillemette Odicino
Télérama, Samedi 12 avril 2008
0 comment(s) to... “Arthur et les Minimoys”