
Film de Robert Wise (The Haunting, USA, 1963). Scénario : Nelson Gidding, d'après Shirley Jackson. Image : Davis Boulton. Musique : Humphrey Searle. 110 mn. NB. VM. Avec Julie Harris : Eleanor. Claire Bloom : Theodora. Richard Johnson : Dr Markway.
Genre : flippant.
Entre deux comédies musicales en Technicolor (West Side Story, La Mélodie du bonheur), Robert Wise replonge dans un noir et blanc soyeux pour une histoire maléfique à la manière de la RKO des années 1940, où il avait débuté en réalisant La Malédiction des hommes-chats, sous l'égide de Val Lewton (1).
Un éclair strie le ciel noir de la Nouvelle-Angleterre : une demeure lugubre tout en tourelles et gargouilles apparaît, alors qu'une voix off sinistre nous conte la légende de la famille Sanderson, maudite depuis des générations et propriétaire de ladite maison hantée. C'est afin d'étudier ses fantômes que le Dr Markway a réuni le dernier héritier et deux femmes - Theodora la télépathe sadique et Eleanor l'âme sensible confrontée à des manifestations surnaturelles à l'âge de 10 ans - pour une expérience in situ.
Robert Wise s'amuse avec son jouet gothique : armures grinçantes, chuchotements sinistres, portes qui claquent... Jamais on ne verra les spectres, juste l'effet de leur passage dans cette maison qui semble respirer à travers eux. Tout cela n'existerait-il que dans l'esprit d'Eleanor ? Au docteur qui lui affirme qu'il a lui aussi entendu les fantômes, elle demande : « Ne seriez-vous pas vous-même issu de mon imagination ? » Toute interprétation est alors possible, dans un jeu de miroirs effrayant. Car on a peur tout au long du film, comme un enfant qui se pelotonne la nuit pour ne pas entendre le parquet craquer...
Anne Dessuant
Télérama, Samedi 15 novembre 2008
Genre : flippant.
Entre deux comédies musicales en Technicolor (West Side Story, La Mélodie du bonheur), Robert Wise replonge dans un noir et blanc soyeux pour une histoire maléfique à la manière de la RKO des années 1940, où il avait débuté en réalisant La Malédiction des hommes-chats, sous l'égide de Val Lewton (1).
Un éclair strie le ciel noir de la Nouvelle-Angleterre : une demeure lugubre tout en tourelles et gargouilles apparaît, alors qu'une voix off sinistre nous conte la légende de la famille Sanderson, maudite depuis des générations et propriétaire de ladite maison hantée. C'est afin d'étudier ses fantômes que le Dr Markway a réuni le dernier héritier et deux femmes - Theodora la télépathe sadique et Eleanor l'âme sensible confrontée à des manifestations surnaturelles à l'âge de 10 ans - pour une expérience in situ.
Robert Wise s'amuse avec son jouet gothique : armures grinçantes, chuchotements sinistres, portes qui claquent... Jamais on ne verra les spectres, juste l'effet de leur passage dans cette maison qui semble respirer à travers eux. Tout cela n'existerait-il que dans l'esprit d'Eleanor ? Au docteur qui lui affirme qu'il a lui aussi entendu les fantômes, elle demande : « Ne seriez-vous pas vous-même issu de mon imagination ? » Toute interprétation est alors possible, dans un jeu de miroirs effrayant. Car on a peur tout au long du film, comme un enfant qui se pelotonne la nuit pour ne pas entendre le parquet craquer...
Anne Dessuant
Télérama, Samedi 15 novembre 2008
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